D.C. Barth

 

 

— Extrait du site Les Tempes du Temps —

Vous parler de Dénie le dur  de D. C. Barth est difficile : l’homme qui parle est JE, il est Tu, il est Il. Il marche, multiple. Et une phrase de Joyce me vient : L’accident est le portail qui mène à la découverte. Sa carte est faite de roches et de mer, de chemins et de plantes, de vide et de plein. Sa carte est pleine à craquer de mots fous et beaux, de sentes parcourues à pas de marcheur tantôt forçat tantôt badaud. Mais toujours, toujours la puissance des terres déchiquetées, de la lumière et du verbe possède le marcheur : lui seul connaît sa destination qui est sans doute… la marche en elle-même. Les trois règnes pour guide : animal, minéral, végétal.
Je marche, suis mon pied, ma chaussure questionne le dur du rocher, gras de la terre, glissant / d’herbe mouillée,
La mer est noir d’ébène, floquée d’oxyde de cobalt, pluie et tempête ont violenté l’obscurité, on rêvait / d’assassins et de portes détruites,
La mer est rouge cardinal, on dirait du sang frais, elle attaque furieuse une roche bleutée, / entre bleu roi et bleu marine, toute mâtinée de bleu acier,
Elle frappe, grandes vagues immobiles, gicle, geysers de lave incandescente, figés,
Des îles noires apparaissent, disparaissent,
C’était la nuit. 
[…]

Toutes les couleurs sont là, dans leur appellation précise, les densités des pierres et des rencontres. C’est riche, c’est plein à craquer… de solitude.
Ces mots sont bien trop petits pour parler du livre de D. C. Barth, trop petits pour parler des montagnes et de la mer, des villages et des pensées. Un dernier pour la route, extrait de Montjoies, cinquième partie du livre :
Les pierres du village.
Ça laisse un peu songeur.

Ça plante un vide.

 

[Article de Claire Massart]

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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