Article sur CROIX

Anne Lauricella - Tapis de Poésie

© DR Un tapis de poésie

 

La venue au monde de Croix est un fait qui fait date.

Rendre compte de la poésie. Rendre compte de la terre nouvelle, de l’importance de cultiver les mots, de fréquenter le langage d’une certaine façon sensible, sincère, juste, persévérante, pour parvenir à ça. Qu’on nomme le bien commun. Croître ensemble grandit par ce qui advient. Car l’existence de Croix me met aussi au monde. D’une certaine façon, tout poème abouti est un manifeste, un engagement une parole d’amour, même lorsque c’est un cri. Croix est un peu tout ça, et une nourriture nécessaire, pour quelques-uns, vitale. Tout ce qui est mort en nous de la même façon ici renaît avec patience comme s’il n’avait jamais cessé d’espérer en la vie.

On n’a que la vie pour preuve. C’est ça qu’il faut comprendre. Et donner au vivant.

Croix est comme une promesse en acte, un chemin sans amertume, ouvert, qui se donne, une force vivante qui peut se transmettre ; une force de guérison.

Que Croix soit au monde change quelque chose à nous.

Quelque chose du grand domaine de la sincérité profonde. On peut être.

Croix parle de moi ; je ne sais de quelle façon. Il me touche. Il me nomme. Il accrédite cette foi que j’ai depuis longtemps en l’art, en la parole, dans le pouvoir réparateur des mots quand ils sont portés par ce qui jaillit et rejaillit de nous. Croix est une offrande, un acte de foi dans cette religion qui n’en est pas une mais qui a de commun avec elle de croître en étant partagée. De nous sentir reliés. Non pas là où nous sommes, mais, par en dessous, par ce qui est profondément enfoui.

Nous apprenons à savoir que les arbres communiquent entre eux au moyen des racines. Ainsi en est-il des hommes, des humains : il faut descendre profond en soi pour toucher autrui ; pour être nourricier.

Dans cette grande galerie à couvert où un homme est un homme des liens se dessinent, des solidarités se tissent, des compréhensions se partagent qui nous empêchent d’être déracinés.

Cela nous rend plus doux, plus cléments, car nous savons profondément que nous n’avons pas besoin de donner de preuves, que nous sommes désormais enracinés en nous-mêmes. Par la vie.

Merci. Encore merci.

 

 

 

Pour Anne Lauricella

de Delphine Backer, Association Tapis de Poésie

Le dimanche 4 mars 2018

Suite à la lecture d’un extrait de Croix ce samedi 3 mars 2018

Au Lieu Improbable, Ventre de la Baleine, Pantin

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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